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29 février 2008

FELINISME

par
Lors de mes insomnies je profite des dernières radiations culturelles de notre service public télévisé. C'est ainsi qu'entre un "Point Route" sous-titré (pour les retraités qui s'acharnent toujours à partir au moment des congés scolaires), un best-of de Pascal Sevran et "Les enfants du Sonotone" présentés par Michel Drucker, je me délecte d'un de ces programmes novateurs avec lesquels France 2 tente de rajeunir son image : "Ça se Discute" (émission jeune à l'échelle de France 2 puisqu'elle n'a que quinze ans). C'est un Jean-Luc Delarue visiblement sous l'effet d'une ou plusieurs molécules chimiques qui anime le débat au thème pas racoleur pour un sou : Comment annoncer son homosexualité à ses parents.

Quel monde ! Comment peut-on rejeter son enfant par qu’il est homosexuel ? Comment peut-on accepter tout court qu’il ait une sexualité ? D’ailleurs comment peut-on accepter que son enfant grandisse et nous renvoie en permanence la caricature raillée de notre décrépitude de parent
has-been cantonné au rôle d’austère pompe à fric ?
Pour toutes ces raisons et d’autres encore*, je limite ma descendance à un chat que, dans ma grandiose bonté, j’ai stérilisé au plus vite.
Néanmoins, si le pire arrivait, j’ai tout prévu.
2025, Seb Junior m’interrompt en pleine grille de
Télé 7 Jeux :

JUNIOR
Dis Papa, je crois que je suis pédé.

SM
C’est bien mon fils, je suis fier de toi. Au moins tu ne te reproduiras pas. Tu réussiras là où j’ai échoué.

* réunies avec la nonchalance et la grâce du pachyderme bouddhiste dans Avatar, cet humaniste recueil prônant tolérance et respect de son prochain et dont, par chance, il me reste quelques exemplaires à dédicacer.

REBELLE A TOUT FAIRE

par
Petit déjeuner embrumé dans la cuisine d’un pote blafard à qui l’évocation de son week-end à la campagne dans quatorze jours, treize heures, et vingt minutes redonne un soupçon d’entrain. En attendant la poche d’air, deux semaines de boulot avec "les connards de sa boite de merde qui le font chier". Le pote est malade mais ne prend jamais de jour de repos. Il rumine chaque soir en se biturant qu’il déteste son travail puis se lève chaque lendemain matin, cuite ou pas cuite, à sept heures précises pour s’y pointer. Malgré ses discours haineux contre le libéralisme, il n’aura jamais une minute de retard au "taf". Il n’a pas foncièrement besoin d’argent mais continue à trimer. Pas que ça lui plait mais parce que c’est comme ça et que ce serait trop compliqué que ce soit autrement. Le soir, pour oublier, il prend la guitare et entame des refrains de grand soir. Le rebelle attend la retraite. Ce grand vide où, enfin, il se retrouvera sans travestissements oratoires face à lui-même mais avec trente ans de plus.

26 février 2008

DERNIERS JOURS TRANQUILLE

par
Derniers jours peinard sans Sarkozy. Avec un peu de retard, une petite carte postale du vingt-sixième étage avec vue imprenable sur la fin de l’occident.

Au programme :
- La (pas si) curieuse mise en avant médiatique d’Obama et Clinton.
- Quelques impressions sur New-York et l’américain moyen, endetté total, plutôt confiant face à la récession et à "la perte de son pouvoir d'achat".
- L'image de la France à 7 heures d’avion qui se résume au mieux, pour 0.1% des américains, à Edith Piaf et les "French Fries" qui d'ailleurs sont belges.



envoyé par sebmusset


24 février 2008

MON EMPEREUR EST UNE RACAILLE

par
22 février, c’est le pâté de campagne et le coup de grâce pour l'UMP.


Après avoir accumulé bourdes, gourmettes, mannequin, yachts et Rolex, notre monarque joint les mots au mépris profond qu’il éprouve pour le peuple qui l’a sacré empereur. "Casse-toi pauvre con !". C’est la sentence de mort que le premier de français bien parti pour devenir le dernier des derniers, lance à un visiteur du salon de l’agriculture qui refuse de lui serrer la main. C’est ce genre de sentences lapidaires qu’ont les gens de droite envers tout ceux qui ne sont pas comme eux : pauvres, bronzés ailleurs qu'à Saint-Barth, salariés précaires, non-rentiers. Mais non, Sarkozy n’est pas de droite, il est au-delà des courants, au-delà de la politique, au-delà de la raison, c’est le danger. Je rappelle pour mémoire, ami français, que le petit VRP complexé et hyperactif dispose du pouvoir nucléaire. S’il ne se contrôle pas dans un rassemblement populaire traditionnel à la Porte de Versailles qu'en sera t-il en cas de tensions imprévues avec, par exemple, le gouvernement Iranien ?

La révélation par l'image de ce qu’est vraiment Sarkozy me soulage, j’en commençais à en avoir marre de systématiquement lui casser du sucre sur le dos. A cet exercice, je le trouve désormais meilleur que moi. J’en avais déjà parlé ici : ce qu’il y a de bien avec Sarkozy, c’est qu’il est son propre poison.

Seule inquiétude (mais de taille) : A coup de moins dix points par mois et avec des vidéos de ce type qui tombent toutes les semaines, comment notre monarque peut-il encore tenir plus de quatre ans à ce rythme sans resserrer les dispositifs liberticides et accentuer la répression envers son propre peuple ? Du fond du cœur, ami français, et pour paraphraser les grands menteurs : j’aimerais bien que l’on me débarrasse de cette racaille.

23 février 2008

LES GENS DE DROITE SONT FORMIDABLES

par
Vu dans une pastille "Municipales 2008" sur I-Télé.

Quand on l'interroge sur sa vision pour la ville, le candidat sortant à la marie de Rouen, Pierre Albertini - Liste Gloubi-Boulga UMP-Nouveau centre-Modem - a cette magnifique réponse :

"J'encourage les gens à travailler pour faire baisser le chômage".

Toute la droite est résumée dans cette brillante analyse macro-économique : Le grand méchant chômage qui nous fait honte à l'étranger, et, face à cette infamie, une donnée variable d'ajustement à appeler comme vous voudrez : le salarié, l'esclave, le citoyen, l'électeur. Bref, ce pauvre type génétiquement feignant et incapable de raisonner, ce blaireau qui n'a rien compris à l'économie de marché et qu'il faut convaincre par tous les moyens même les plus populistes de faire revenir dans le droit chemin : celui de la droite.

Par souci statistique, Mr Albertini, faux-derche oblige, 8 mois après son soutien spontané à notre monarque entre les deux tours de la présidentielle, ajoute avec cette sagesse toute électorale qui fait les grandes lavettes :

"Quand même Mr Sarkozy m'a déçu."

Bonne chance Mr Albertini, La France est avec vous, Rouen je sais pas.

21 février 2008

DERIVE CONTINENTALE

par
Une amie me raconte durant quatre heures un voyage fantastique au pays de la masse morte : un endroit préfabriqué comme il y en a des milliers de milliers. Un lieu générique et mystérieux où il est question de poussettes à huit roues, de lampes fleur numérotées, de dvd en promotion à la fnac à 9.99 qu’il faut acheter par quatre pour bénéficier d’un gratuit. C'est une contrée accessible par ascenseur après délivrance de digicode. Un univers de divertissement pour initiés délimité aux murs d’un logis en traites à régler où l’individu est le piston d’un tout et la vie de couple une vitrine à achalander sans discontinuer. Un monde où le reste du monde se voit à la télé et les mots "conséquence", "responsabilité" ou "libre-arbitre" n’ont jamais l'opportunité d'être cités.
Le capitalisme a triomphé. Pour peu, s’il avait un peu de suite dans les idées, le néo-prolétaire, sédentaire consommateur avide, prierait chaque soir vers son dieu Leclerc pour qu’il lui permette d’accéder à un peu plus de pouvoir d’achat, le seul paradis sur terre possible et, comme tous paradis, jamais accessible. Mais, des idées, ces nouveaux pauvres d’esprit là n’en ont guère d’autres que celle dictées par le consensus et les disciples de Seguéla.

20 février 2008

LE GRAND BAZAR DE L'HOTEL DE VILLE

par
(Attention : article à tendance BOBO)
A la recherche d'une pompe à vélo, je m'aventure de l’autre côté de La Seine jusqu’au grand Bazar de l’hôtel de ville, magasin totalitaire à six niveaux insalubres, sonores et surchauffés, gigantesques et pourtant dépourvus de profondeur de champ de plus de quarante centimètres. Grandeur passée et désuétude surprenante. Il est quand même effarant que Paris soit cette seule capitale où l’on ne puise pratiquement pas s’acheter une baguette de pain à dix-neuf heures passées mais où l’on trouve en son centre des établissements balzaciens obsolètes et totalement inadaptés socialement parlant au XXIe siècle. A l’une des trois milles caisses mal foutues où s’entassent dans le mécontentement parisien les clients terreux, deux esclaves basanés de type femelle affectés à la caisse papotent entre elles :

ESCLAVE CAISSIERE N1
Tu verras dans dix ans, ça se trouve notre BHV ça existera plus.

ESCLAVE CAISSIERE N2 stoppant net son scanning mécanique
Tu crois ?

Vite, hors de là, sans pompe à vélo, je retrouve Stan de l’autre côté de la rue. Il revient de Londres enthousiasmé par la ville et son dynamisme.

SM
Je te l’avais dit mon ami que partout ailleurs c’est la vie. La France est un pays de retraités où règne la mentalité « vieille ». Seule perspective pour les jeunes français : devenir vieux au plus vite.

STAN
Voyons le côté positif : tout est encore à faire ici.

SM
J’ai bien peur que le terrain soit tellement pourri qu’il faille d’abord violemment désherber.

19 février 2008

VILLIERS-LE-BEL, LA NOTE SECRETE

par
Cellule marketing intérieur, Palais de l'Élysée, 14 février 2008.
Note générale à la presse parisienne (confidentiel)

"Amis journalistes, attachés de presse et dépendants divers, notre monarque et son ministre de l'intérieur vous convient au lancement de la campagne de communication de l'UMP pour les élections municipales, le 18 février prochain aux aurores dans la colonie insurrectionnelle de Villiers-Le-Bel (plan ci-joint).


Comme pour les conférences de notre souverain et les effets de sa politique en général : nous vous invitons bien sur à nous suivre, à ne poser aucune question et n'émettre aucune réserve. Amis journalistes, le pouvoir comme à son habitude, vous en sera reconnaissant. Des places à Disneyland et à la Bar-mistvah du prochain fils du président sont à gagner.


Vive La France, Vive la presse, Vive la république !"

18 février 2008

J'ENCULE LES REUNIONS DE FAMILLE

par
J'étais peinard entrain de boucler un paragraphe pour un quotidien de cinéphiles ayant pignon sur pognon sur la médiocrité crasse du dernier Klapisch que je me promettais quand même d'aller voir (télécharger) un jour quand, soudain, mon enceinte de belle-sœur et son pourtant eunuque de mari investissent mon studio. Quel beau couple de vieux endettés provinciaux d’à peine vingt-cinq ans ! La belle sœur, apprentie-bourgeoise et fière esclave d'une succursale d'une multinationale bancaire à courtiers sans-gêne, pénètre dans mon 24m2 spartiatement aménagé d'un "repose pif-poche", d'un pack de "Foster", d'un ordinateur portable "pas Apple" et d'un portrait de Karl Marx. La Sarkozyste à hauts talons cache mal son dégoût d’une telle pauvreté dans sa proximité familiale.

LA BELLE-SOEUR (se raccrochant à un peu de sécurité)
Oh, vous avez le même écran plat que mon frère !

Sur ces considérations philosophiques, je prends les choses en main. Juste le temps d’agripper mon bonnet et je les laisse sur la moquette avec ma copine et quelques "Chipsters" mous. A moi les grands espaces et l’air pur parisien !

Le lendemain, je brille par mon absence habituelle à la réunion de famille. Quelle famille ? Une apprentie bourgeoise enceinte, une autre trépanée mariée à un « casseur de bougnoules » de la BAC tout deux venant de pondre un enfant surcouvé par grands-parents gâteux. Total : six électeurs sarkozistes sur sept convives dont, grande surprise, quatre d’entre eux - les plus jeunes - découvrent peu à peu que Sarkozy « ne change rien pour (eux) ». Comme dirait Fajardie : "Le drame du con, c'est sa nature de con dont il n'est pas avisé."

17 février 2008

LES VOYAGES FORMENT LA JEUNESSE

par
Bilan de ma semaine de globe-trotter :

New York fourmille d’initiatives, Londres fourmille d’activités, Paris a des embouteillages.

16 février 2008

L'ECOLE DES FANS

par
C'est con mais je m'y étais fait à ces quelques jours sans notre monarque. Peu importe où, c’est toujours bon à prendre. A mon retour, le feuilleton de la bataille entre favoris du président pour l’attribution de la mairie de Neuilly me paraît d’une médiocrité hallucinante même pour notre mètre étalon cinquante du minable.

Glisserais-je bourgeois mais je n'arrive même plus à m'égosiller sur les polémiques contemporaines relatives aux excès de pouvoir notre monarque. Il y a encore quelques mois j’aurais bondi sur ce nouvel épisode ; "Que chaque élève de CM2 ait "un correspondant Shoah" dont il connaitra le nom et l'histoire ! Aujourd’hui, avec un tel président, plus rien ne m’étonne. Après tout, notre monarque est un gros sensible et puis, Paris Match le sait bien, il a cette âme d’enfant. Emotif et émouvant, il aime jouer dans les parcs à thèmes. "Trop cool le jeune juif gazé" a t-il du penser, "c’est comme un Tamagochi ou un Pet toy mais en moins cher". Et en plus, c’est concept, y a une histoire qui va avec. Une seule question qui s’occupera des produits dérivés : Lagardère, Bouygues ou Bolloré ?

Sacré Sarko ! Rien de tel que de stigmatiser les juifs pour solidifier une nation ! D'autres l'ont compris bien avant lui.

Oui, Nicolas est un sensible, Nicolas est un marteau piqueur politique, tout ça triplé d’un con.

Je pensais que l’école était réservée à l'instruction et non à l’initiation au jeu de rôles et à l'entertaining compassionnel. Pour ça y a le Paint-Ball et "La Liste de Schindler". Sensibiliser à la Shoah ? A l’ère de Counter Strike : ce procédé a toutes les chances d'aboutir au contraire. Une instruction cohérente, en plus d’apprendre à lire et écrire - ce dont le monarque devrait se soucier prioritairement concernant les enfants quittant le CM2 - doit fournir les bases d’une culture générale comprenant, entre autres, l’histoire DONT la Shoah.

Avec l'aide de mon ami, le docteur Emmet Brown, j'ai récupéré quelques devoirs d'élèves de l'école primaire Henri Salvador de Bagneux en 2011. Il faut savoir que suite à la réforme de l'orthographe qui a été voté à l'unanimité de lui-même par notre monarque en 2010, la compréhension de la majorité des devoirs m'est restée partielle. J'ai néanmoins sauvé cette rédaction de real-histoire* en 200 lettres imposées à Matthéo, élève de CM2 :

"Avan CT la ger. Les Juifs on soufer allah Choa. Lé jen son mechant mai ensembl touté possible pour 2012. » Mattheo, CM2, 2011

* la dénomination des disciplines a été réformée en 2009 sur la base des conclusions du rapport Steevy.

15 février 2008

AU BORD DU GOUFFRE

par

Sept ans après, le trou est encore une plaie béante dans l’âme new-yorkaise.

Je remonte vers Soho où l'européen moyen se sent soudain riche. Avec un euro pour un dollar cinquante, il coûte parfois moins cher ici d’acheter une paire de baskets que de se payer un repas décent. Tout ce qui nécessite du service et de la main d’œuvre locale - services, nourriture - est bien plus cher que les produits d’importations asiatiques dans des proportions encore plus effarantes qu’en France. Entrants confiants dans la récession*, les États-Unis toujours convaincus de la suprématie de leur système, sont clairement arrivés en bout de cycle, au carrefour infranchissable d’un paradoxe économique : Comment être plus compétitif en interne qu’un système qu’on a soit même construit sur la consommation de biens produits à moindre coût à l’autre bout du monde sur nos ordres et selon notre logique implacable de rendement ? Plus inquiétant, que deviendra ce pays de plus de 300 millions d’habitants dont la stabilité interne repose sur l’occupation coûte que coûte du moindre de ses habitants s’il entre dans la spirale dépressionnaire du chômage de masse ?

L’« American-way-of-life », le « Two incomes », le « Home mortgage » et le « 3.5 kids » qui sont encore la base de tous les spots publicitaires débordant dans la guimauve des émissions de télévision sont en voie d’extinction. La transition sera peut-être plus douloureuse ici qu’en France. Aux États-Unis, l’alternative a méthodiquement été ignorée. Sur la base d’une instruction limitée, le peuple américain - au demeurant pas plus con qu’un autre - est conduit depuis des décennies à travailler pour s’endetter, à consommer toujours plus et surtout à ne pas réfléchir à sa condition. Les institutions, la religion et les médias lui garantissaient la suprématie éternelle et incontestable de son modèle. Les plages de temps libre lui restant étant exclusivement consacrées aux divertissements de masse. Stoppons les idées arrêtées françaises sur les américains : c’est un peuple sympathique - un américain antipathique restant généralement plus aimable avec son prochain qu’un français de base -, un peuple jovial, à l’affût et ouvert aux alternatives quand on prend la peine de lui expliquer avec ses mots. Son principal problème ? Ce peuple a tout sacrifié à la culture marchande et ce depuis plusieurs générations. Sa raison en est altérée. Exemple cinglant, la crise des « subprimes » de l'été dernier qui a eu pour conséquence l’expropriation de milliers d’américains est majoritairement considérée comme un dysfonctionnement temporaire de quelques banques : une exception qui confirmerairt la règle de l’endettement nécessaire à la bonne marche du pays. "Le crédit c’est la santé" pourrait être gravé sur les dollars à la place du fameux "in god we trust". C’est ainsi que pour éviter la dépréciation financière de quartiers complets dont les maisons risquent de devenir des squats – ce qui baisserait encore plus la côte des maisons des rares voisins encore propriétaires – l’état d’Ohio procède à la destruction des maisons au bulldozer ! Cela ne soulève aucune espèce de protestation dans le pays, ni chez les pauvres, ni chez les riches.

Sur les écrans géants de Times Square, entre les rubans du Nasdaq et les néons publicitaires, la chaîne d’information économique MSNBC annonce que le mois de janvier 2008 fût le plus mauvais pour la consommation américaine depuis 40 ans. Comme en France, la « dégringolade de standing des classes moyennes » gangrène la popularité d’un président qui se fait discret.

Les premiers signes extérieurs de la récession depuis Manhattan ? Les commerçants vous parlent en français, l’euro est triomphant, les "Homeless" dociles et affamés vous supplient de leur lâcher un Quarter à chaque Block.

D’autres choses restent tout de même inchangées aux Etats-Unis comme la dévotion des "working-poors" à leurs taches abetissantes. A Tribeca, j’observe ainsi pendant une demi-heure ces blacks qui travaillent à la confection de hamburgers à la chaîne d’une succursale de restauration rapide comme il y en a des milliers dans cette ville. Gestes précis répétés à l’infini dans l’afflux incessant des nouveaux clients, les esclaves uniformes n’ont aucun espace sonore disponible pour se parler entre eux. Quand par hasard malencontreux, il y aurait « un trou », ils trouvent instinctivement de quoi s’occuper : rinçage de table, rechargement de la machine à "Diet Coke", réassortiment de serviettes en papier. Puis, ils s’en retournent à leur chaîne : « Can I help you Sir ? ». Ce stakhanovisme épileptique au service de l’appétit de l’autre semble les enrober dans un état de jouissance qui restera à jamais un mystère pour moi. Autre constante, plus protectionniste cette fois, je constate que la ville regorge de terrains vague constructibles. New York, loin d’être la ville surpeuplée qu’on l’on pourrait penser qu’elle est, se révèle dans les faits une réserve pour riches dont l’urbanisme est insidieusement pensé pour repousser toujours plus loin les logements des esclaves qui assurent son bon fonctionnement au quotidien. Rien de bien nouveau dans ce nouveau monde, c'est surement pour cela qu'il plait tant à notre monarque.

* à la différence des médias français, les chaînes économiques ne s’interrogent plus sur l’entrée des États-Unis en récession. C’est acquis. La récession est aussi considérée comme une crise comme une autre, un défi supplémentaire dont le pays sortira la tête haute. Sont ainsi publiés des guides pour gérer au mieux son argent en période de crise.

14 février 2008

A GRAND CENTRAL STATION

par
A Grand Central Station, j'observe le balais des petits vieux en déambulateurs customisés qui matent les culs moulés des jeunes touristes japonaises. Ce n’est pas qu’il y a plus ou moins de vieux qu’en France, c’est qu’ici ils sont toujours occupés à quelque chose. Soit qu’ils travaillent - un des door men de mon hôtel flirte avec les 90 ans - soit qu’ils s’activent physiquement - 1 joggeur sur 2 dans Central Park à plus de 60 ans -.

Ils ne sont pas comme en France, retraités dominants et toujours dans le chemin des autres comme embarrassés de leur temps libre, déprimés face à leur manque d’imagination quant aux nouveaux produits à consommer pour "faire jeune" et polluant idéologiquement leurs enfants.

Les Etats-Unis c’est un pays où les vieux sont économiquement et philosophiquement contraints de rester jeunes, La France c’est un pays où les jeunes sont, pour les mêmes raisons, déjà vieux à vingt ans.

13 février 2008

LA DIFFERENCE PRINCIPALE

par
La différence principale entre New York et Paris ? Quand tu croises un type à New York, il y a neuf chance sur dix pour qu’il soit bienveillant, qu’il t’aide spontanément s’il te devine en difficulté, qu’il ait un mot aimable ou juste un sourire. Quand tu croises un type à Paris, tu peux renverser la statistique. Il y a neuf chance sur dix pour qu’il te fasse la gueule, t’envoie chier, te bloque le chemin parce qu’il veut rentrer dans le wagon de métro avant que tu n'en sortes ou, plus simplement, qu'il passe à tes côtés en t’ignorant alors que tu es roulé sur le pavé en pleine crise de tétanie.




2 février 2008

LA TRAITE DES STAGES

par
Le collectif Génération précaire qualifie d'«insulte à la jeunesse» l'annonce du ministre du travail Xavier Bertrand. Whaou... comme disait ma mère quand on lui a diagnostiqué son cancer : « la messe est dite » !. Le ministre du travail vient en effet d'annoncer à la presse que « les stagiaire seront payés 30% du smic pour les stages de plus de trois mois ». Et bah ça, si c'est pas du beau foutage de gueule, je ne m'y connais pas !
Pourquoi cette annonce profondément inique n'est-elle pas plus reprise dans les médias ? C'est que ces entreprises, des plus petites aux plus grosses, sont de gourmandes consommatrices de stagiaires !

Exemple : J'ai récemment travaillé pour une société de production fournissant du programme télé pour une chaîne du service public très populaire outremer. Sur dix personnes s'activant dans la ruche sur les ordres d'un patron furieux, deux étaient salariés : moi (en pige payée à la journée) et le patron. Il avait 59 ans, j'en avais 35. Détail qui a on importance. Le reste, les huit autres collaborateurs étaient TOUS en stage, ils avaient tous moins de 25 ans. Globalement rémunérés dans les deux cents euros par mois. J'apprends dans les rares moments de pause que certains ne sont même pas payés du tout.
Avec la joie de « faire de la télé » et dans l'espoir d'être payé pour cela un jour, au travers d'une sorte de rapport sado-masochiste assez fascinant, les jeunes crédules accumulaient les heures et les fonctions sous les brimades d'un chef qui, plus ils se soumettaient, en rajoutait en charge de travail. Et voilà mes jeunes amis stagiaires, propulsés chef de post-production ou carrément réalisateur de programmes. C'est qu'ils étaient fiers. Quelle réussite ! Bien sur, ils ne touchaient pas un centime de plus que leur maigre pitance de stage, les droits d'auteur allant dans la poche du patron et ils furent crédités au générique au mieux en tant qu'assistant. Quant au fait qu'ils ont au passage indirectement mis sur la paille des gens de la profession - ici du secteur public "ce fameux dinosaure pas assez productif" -, cela leur passe par dessus la tête. Le stagiaire est comme ses aïeux : un individualiste lancé dans une compétition sans pitié pour ses concurrents. C'est pour cela d'ailleurs qu'il se révolte peu, pour un cocktail de taisons, il est bien plus soumis que ses aïeux salariés.

Quel beau système français ! C'est à préciser : sans l'escroquerie institutionnalisée du stage, il y aurait un petit million de chômeurs supplémentaires en France. Le stage a remplacé le service miliaire plus avantageusement : d'abord il sert concrètement le patronat, il concerne les deux sexes - c'est les féministes qui sont contentes - et de dix mois il peut monter à dix ans. Et puis, dans un monde de vieux possédants, le stagiaire c'est jeune, c'est belle, c'est motivé, c'est crédule, ça fait le travail de quatre français aux heures supplémentaires pour le prix d'un paysan chinois à temps partiel, et, au moindre soucis ça se change. Avec le taux de natalité français, c'est pas ça qui va manquer dans les années à venir !

Ce qui m'étonne c'est que le monde du travail et la classe politique, et même le collectif « Génération Précaire » continue à appeler ça du « stage ». Assez d'euphémisme : Vue la teneur des taches, en moyenne plus contraignante et épuisante que celles des salariés dans la place, vus les faibles débouchés pour ses victimes (ça doit être du 1 / 100 qui est embauché), appelons ce système « l'esclavagisme » et appelons les stagiaires comme ils doivent l'être : « du combustible discount pour assurer la marche du sytème ».

Et que les « pas contents », les « feignants » et ceux de « mauvaise volonté » partent à l'étranger doit penser le gouvernement. Là, je vous renvoie à un de mes articles précédents tentant d'établir des nuances entre « chômage », « stage » et « travail de merde », soit ce qui dans 95% des cas attends la jeunesse européenne.

Le ministre du Travail Xavier Bertrand ajoute dans son communiqué en catimini : «l'entreprise qui va rémunérer ce jeune n'aura pas de charge à payer, c'est l'Etat qui en fera la compensation», a ajouté Xavier Bertrand. C'est sur à ce prix là, c'est un bon deal. Allez mon pote patron, je te subventionne une partie de ton esclave. A une époque, on appelait ça « la traite des nègres » aujourd'hui ça s'appelle « la France qui se lève tôt ».
Je vous conseille le livre d'Elsa Fayner sur le sujet, "et pourtant je me suis levée tôt", excellent ouvrage qui décrit au jour le jour l'aventure de l'auteur dans le monde du travail précaire.

BLIND TEST : MON APERO CHEZ DES UMP

par
SALON PARISIEN - INT.DÉBUT DE SOIRÉE - (28.01.2008)
Porto, Chipsters et chroniques à chaud face à ce couple de quinquas de droite toujours joyeux, toujours confiants en leur poulain. Tout de même... La France au-dessus de la crise économique mondiale ? A qui Christine Lagarde va t-elle faire croire cela ? Aux néophytes en économie ? Aux Sarkozystes purs et durs ? Aux spectateurs de "la première compagnie" ? Attention, ces derniers sont de moins en moins nombreux.
Mon interlocuteur encarté UMP est quand même à court d'arguments lorsqu'il s'agit de défendre les actions de ce "type ambitieux et charismatique" qui l'a incité à rejoindre "l'Union pour la Monarchie des Puissants", il y a deux ans. Rejoindre en esprit car ce n'est pas avec sa pension de 1200 euros qu'il va posséder quoi que ce soit. C'est qu'il y croyait dur comme fer à l'époque mon pre-retraité. Il y croit encore d'ailleurs. Malgré l'inefficacité de notre monarque, si il y avait un troisième tour, mon interlocuteur, tendance pouvoir d'achat en chute libre, revoterait pour lui ! C'est comme ça, on se refait pas, il le dit lui-même : "je suis de droite". Je ne sais plus si c'est Karl Marx ou Babar qui eut ces mots : "Les gens de droite ça ne réfléchit pas et quand ça réfléchit ça prend toujours la mauvaise décision" mais il était dans le juste.

Là-dessus, le quinqua UMP au racisme débonnaire sur lequel je ne m'attarde pas sous peine de passer pour un grossier caricaturiste, se ressert une rasade de porto et me livre tout de go le fond de sa pensée :
- "Je me suis réabonné au "Figaro" pour la montre "Lipp" en cadeau."

Si la gauche a un problème de qualité de leadership,la droite a un gros problème de qualité avec ses électeurs.
Que ce gouvernement publicitaire se révèle incompétent et impuissant, je ne suis qu'à demi surpris mais qu'il mente grossièrement, se contredisant du soir au matin sous la coupe totalitaire d'un illuminé s'agitant dans tous les sens pour ne rien faire si ce n'est la une de "Gala" avant de porter plainte pour "atteinte au droit à l'image", là, à un moment ou à un autre, cela finira par devenir dangereux pour chacun d'entre nous. De gauche et de droite.

Je repars dubitatif, en solitaire, sur le Boulevard Murat. Dans certains quartiers de "la plus belle capitale du monde"* à partir de 19 heures, en prévision d'une quelconque révolution, on trouve déjà bien plus d'estafettes de condés que de piétons. C'est l'heure avancée du crépuscule de l'UMP. Il parait que La France n'a pas le moral ? Sans blague. Je lève les yeux vers le panneau publicitaire d'une agence de voyage qui bat, lui aussi, en brèche les beaux mots de nabot :
"Travaillez moins...rêvez plus".

Non.

Croyez moins.... Vivez plus !

* source : les parisiens.

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