mardi 30 mai 2006

ABUS DE POUVOIR PARENTAL

Je repense aux parents, à l’abus de propriété dont l’enfant est toujours la victime dans la société du confort.

Je repense aux revendications lancées par ces trentenaires irresponsables au fruit innocent de leur soumission hormonale : Tu fais ce que je dis, tu me dois le respect !

A l’inverse du devoir de propriété dans le cadre duquel ils imaginent d’instinct que leur enfant leur soit éternellement redevable d’être en vie, je revendique, sur la base du même rapport, que les enfants aient le droit d’attaquer leurs parents en justice a fin d’obtenir des dommages et intérêts pour le préjudice subi.

lundi 29 mai 2006

UN AN APRES, RIEN

Un an jour après jour après le résultat du référendum français sur l’Europe. Tant d’octets consumés ici pourquoi ? Pour rien. Rien, c’est le bilan de douze années de présidence française résumée en un mot de quatre lettres.

dimanche 28 mai 2006

GRAND FRERE

Je suis captivé par les retransmissions télévisées de la cinquième saison de Big brother, version anglaise qui me permettent d’établir les bases d’une prononciation locale :
Les o se prononcent euh - Certains a se prononcent è, d’autres au, d’autres aïe, la prononciation de la voyelle dépendant souvent de la consonne la précédant. Dans le doute quant à la prononciation d’une voyelle, la prononcer euh. Les r sont gutturaux, le plus souvent non roulés. A bien des égards, cette prononciation appuyée de la langue anglaise - comparable à ce que sonne le québécois pour un parisien pure souche - ressemble aux accents ‘chti du nord de la France.

mardi 23 mai 2006

DA VINCI BOUZE

Pour l’industrie du cinéma global, terrorisée par la prise de risque, n’ayant désormais en vue qu’un cœur de cible adolescent, il est important, au lancement d’un blockbuster à budget indécent, de faire le plus grand nombre d’entrée dans un laps de temps réduit. En cas de film mauvais, et c’est souvent le cas, il ne faut pas laisser le temps au mauvais bouche à oreilles de se propager, cela ruinerait les entrées en salle mais aussi la diffusion en dvd quelques mois après, les déçus ne revoyant pas le film, ceux ne l’ayant pas vu n’étant pas plus incités à débourser quelques dollars de plus.
On le sait maintenant, les films ne sont pas fait pour l’histoire, ils le sont pour leur premier week-end d’exploitation. Il faut donc assommer les audiences et ne pas leur laisser le temps de réfléchir ce qui tombe plutôt bien, la société du spectacle dans son ensemble servant les mêmes intérêts. La promotion mondiale et simultanée du Da Vinci Code à coups de poing média massif donne à chaque pays l’impression d’avoir été plus choyé que les autres et les reportages propagandistes, plateaux consensuels, interviews de connivence et autres making-of ou bandes-annonces directement extraits du press-kit officiel se succèdent au point d’influencer mes amis et mes rêves. Je ne rencontre aujourd’hui que deux personnes, les deux anti-américains primaires qui se détestent, Djamila et Ronan. Ils me déclarent à quelques minutes d’intervalle, comme s’ils avaient eu là une intuition tombée du ciel qui les rendraient soudainement marginaux, qu’ils iraient bien voir le Da Vinci Code parce que c’est peut-être bien. Triste époque.

lundi 22 mai 2006

jeudi 18 mai 2006

VU A LA TELLY

En France ou en Angleterre, la forme télévisuelle est assez différente mais le fond du discours reste identique. Prenons par exemple, l’utilisation de ce que l’on appelle le peuple dans les différentes émissions de télé réalité ayant pour toile de fond l’immobilier et dont l’on raffole d’un côté comme de l’autre de La Manche.

En France, situation économique oblige, dès lors qu’il est question d’un problème de voisinage, de construction de maison, de projet immobilier en tout genre, l’on met toujours en scène des gens à faibles revenus, endettés jusqu’au coup, d’une bêtise et d’une inculture patente, qui forment une glaise malléable que la production prend un malin plaisir à monter en épingle. Ces perdants du rêve capitaliste, sacrifiés sur l’autel de l’audimat, inconscients de leur propre damnation, apparaissent sur les écrans de la nation encore plus affreux, sales et méchants qu’ils ne le sont au travers d’une image générique qui fait dire à chacun des téléspectateurs : Ouh la la, ceux-là, ils sont pires que moi !

En Angleterre, le traitement, aux ficelles moins appuyées et plus nuancées, agit sur le même principe mais en terrain plus sophistiqué, d’apparence. Ici, dès lors que l’on parle de maison à rénover, de placements financiers immobiliers ou de décoration d’intérieur, c’est à dire en permanence d’une chaîne à l’autre puisque à la pauvreté de l’immobilier local à répondu une stimulation des tentations - et des aides - foncières, il est question d’une partie de ce prolétariat qui s’est enrichi durant les années Blair. Il n’est ici pas question de problème de financement ou de surendettement, non : Les taudis à 300.000 pounds sont achetés aux enchères par paquets de trois par des anglais moyens qui ne prennent même pas le temps de visiter les horreurs en question. Petite veste côtelée, turbans discounts ou manteau de faux cuir, les multipropriétaires ne payent pas plus de mine que leurs homologues générationnels, chômeurs français standards. Ces acheteurs, entrepreneurs et spéculateurs amateurs sont les gagnants de la réalité anglaise. Ils forment cette nouvelle classe bourgeoise arrivée qui fait horreur à l’aristocratie tout en contribuant à l’enrichir par un jeu de dominos fiscaux. La télévision, faisant de tout temps parti de l’aristocratie en place, leur fait payer cette outrecuidance. Le trait est appuyé sur leur manque de goût et de sens pratique - il est vrai évident, il n’y a qu’à se balader dans les rues -, leurs erreurs de budget, leur manque d’inventivité, leur faculté à pondre enfants sur enfants sans vraiment trop reconsidérer la question. Ils ne sont pas vulgaires parce qu’ils sont affreux comme en France, c’est à dire supposé pire que lui par le spectateur moyen. Non, en Angleterre, pays de caste par excellence, ils sont affreux parce qu’ils sont vulgaires, communs, parce qu’ils viennent du peuple. Il n’y a rien à faire, l’on échappe pas à cette malédiction de naissance, à moins, éventuellement, d’être anobli par la reine.

dimanche 14 mai 2006

BABY-LOOSERS

La génération individualiste du toujours plus a engendré celle du encore plus, schizophrène et secrètement honteuse d’avoir recours au crédit et de rester bloquée sous la coupe de ses aïeux pour tenter de faire perdurer, contre les éléments, le train de vie bourgeois qu’elle lui a lascivement inculqué. Génération hypnotisée qui ne peut se rendre à l’évidence : elle n’aura que du toujours moins. Ma vie consiste à passer entre ces deux générations ratées sans y laisser trop de plumes mentales.

Ceux de ma génération s’estiment globalement satisfait de pouvoir travailler juste parce qu’ils pourraient ne pas travailler. Vérification statistique que le travail salarié n’est pas une peine mais une peine de substitution à une vie de tourment. Mon choix est-il le bon ?

vendredi 12 mai 2006

TGIF

Fin d’après-midi orageuse. Double pints de Leffe au Marylebone Tup accompagné de Lou et de ses nouveaux amis, mignons immigrés grecs. Cigarettes, lourd son et championnat de football, je peine à discerner nos mots. Je désencrasse mon anglais oral dans la limite de mes compétences sociales au fil de discussion bénignes sur la météo, les routes de campagne, le prix du café et la dégénérescence française. Anna me décrit d’un charmant accent le même type de climat malsain en Grèce. Ils en conviennent : l’Europe est un fiasco.

SEB
No. Europe is working. It’s just working here in London !

lundi 1 mai 2006

PARENTHOOD

Je visionne un film, scandaleux de propagande nataliste, habillement filmé jusqu’à temps que je comprenne que toute cette comédie familiale n’est nullement cynique mais bien à prendre au premier degré.
Parenthood de Ron Howard (1989), figure à mon à mon top ten des films les plus insupportables. Les messages y sont clairs : les femmes décident, les hommes doivent en conséquence rater leurs vies pour satisfaire l’insatiable désir d’enfant de leurs épouses - quelles aient quinze ou quarante ans - et ce, même si l’éducation de ceux déjà nés s’avère désastreuse. Quant aux rares mâles célibataires dépourvus de fibre paternelle - condensé ici en un seul personnage, Tom Hulce - ce sont des marginaux à la limite du cas psychiatrique qui finissent par être banni du clan ! A vomir. Je m’endors furieux d’avoir perdu deux heures et de m’être fait piège par l’efficace première partie de ce film sous la forme d’une chronique attachante.