samedi 28 septembre 2013

lundi 16 septembre 2013

Le click barbare


Depuis mon billet de samedides thèses circulent sur les faux comptes de soutien au bijoutier meurtrier sur Facebook.

Mon billet se base sur des statistiques du site Socialbackers. 

Elles ont évolué depuis. Tout ce que je peux corriger du billet initial en me basant sur le même site: ce ne sont plus "seulement" 246.000 Prix Nobel en justice expéditive qui ont "liké" depuis la France, mais 833.000 (au moment où je publie), et 720.000 à l'étranger (56/43).

Tout et son contraire ont été entendus en 48h de la bouche de consultants. Facebook France reste totalement muet, les administrateurs de la page sont planqués.

Comme l'ont écrit Christophe Ginisty et d'autres, cette polémique sur le chiffre total perd de l'intérêt au regard d'un soutien qui est massif, et de ce qui choque en premier :

Un homme en a tué un autre et des gens ont dit "j'aime ça" 

(y ajoutant une charmante littératuresélectionnée sur ce Tumblr. > Sac à vomi recommandé).

A la machine à café, au détour d'une conversation avec ce mec qui avait l'air pourtant pas trop neuneu, en se baladant au Megastore un jour du déstockage ou au volant de la bagnole, personne n’a attendu Facebook pour en prendre conscience : le barbare qui sommeille en nous ne demande qu'à se réveiller.

Rappelons la noble cause du groupe : Soutenir à chaud l'auteur d'un homicide difficilement qualifiable d'involontaire (au regard des éléments lus et vus à ce jour par tous). Mais à vrai dire, peu importe : Dans un Etat de droit, on ne fait pas justice soi-même.

Si j'ai pu contribuer à ma modeste échelle à sensibiliser les lecteurs sur le sujet des achats de "like" et des méthodes artificielles d'amorçage de buzz (et plein d'autres jolies techniques de gonflette 2.0) qui sont monnaie courante, c'est déjà ça.

Sur une note plus personnelle. Je fais plein de gros câlins et je poke un paquet de kleenex à ces petites choses sensibles appelant à exterminer leur prochain dans les rues au shotgun façon Peckinpah, mais qui se vexent dès qu'on les traite de "connards". 

samedi 14 septembre 2013

L'arnaque aux faux soutiens du bijoutier

On vous l'a dit, on vous l'a répété au moment de l'affaire des #Geonpi : il faut se méfier des groupes de pression et des manipulations informatiques.

Dernière intox en date, le "succès" de l'effrayante page de soutien Facebook au bijoutier de Nice qui a tué un voleur.

200.000 likes hier, 400.000 likes ce matin.1.200.000 ce soir à 19h30.

Énorme non ?  Il apparait sur le site socialbakers que :  80% de ces likes (945.000) viennent de... l'étranger.

cliquez pour agrandir
(Capture le 14.09.2013. 19.18)

Les "likes" ont probablement été achetés dans une usine à "clicks" en Inde ou ailleurs : pas très patriote tout ça. 

(suggestion de présentation)

Ceci dit, cette affaire permet de faire le tri dans ses contacts Facebook emportés dans ce délire fétidela différence nous laissant sur les bras avec une bonne marge de 246.000 connards locaux (dont peut-être certains dans vos contacts). Ce qui reste énorme

Pour le reste, je vous invite à rejoindre le groupe de soutien à Emile Louis, le serial-killer de l'Yonne. C'est vrai quoi, il y en a toujours rien que pour la Côte d'Azur !

Merci @BarDkn pour sa vigilance.

[update 16.09.2013 08.30 : Les statistiques du site socialbakers ont évolué dans la journée de dimanche à 56/43. 1 / Facebook devrait se prononcer sur cette histoire pour lever toute ambiguïté. 2 / On ne peut pas rester sans connaître le ou les administrateurs.]

[update 16.09.2013 19.00 et nouvel article]

vendredi 13 septembre 2013

Quand Marine Le Pen attaque un blogueur


J'apprends que Marine Le Pen, stigmatisant régulièrement le "politiquement correct", a déposé une plainte pour injure publique contre un ami blogueur (détails ici) pour le passage suivant (extrait d'un article d'avril 2013). Je cite :

"Hollande peut et doit rebondir. Sinon c’est la [...] lepeniste qui va en profiter: l’électeur va facilement céder au “tous pourris”, et autres discours simplistes de la droite moisie et du FN qui veut -sachez le- empêcher les juges de dénoncer les manquements dans la lutte contre la corruption et la fraude. Double langage donc de ces menteurs d’extrême droite ! Il importe de faire la pédagogie sur ce point, tout ça par les politiques non corrompus !"

L'analyse politique étant tout à fait pertinente, il semblerait que ce le mot "truie" pose problème. 

Certes, le mot est totalement déplacé et surtout inutile à la démonstration.

Toutefois.

Au pays, parait-il, du "saucisson pinard", où certains à droite et à peu près tous à l'extrême-droite se montrent tant attachés à la suprématie du cochon dans les cantines de nos enfants, il est étrange de considérer l'association avec cet animal, à la limite de l'emblème pour ses militants, comme une injure pour la chef du Front National.

On peut également considérer qu'il est tout aussi dégradant pour un Président d'être comparé à un dessert gélatineux à la sauce caramel sur les sites de droite et d'extrême-droite, voire dans les commentaires des sites de presse ayant légèrement plus de visibilité et de moyens que les blogueurs

On se dit également que l'avocat de Marine Le Pen aura du boulot avec les 47.000 occurrences "Marine Le Pen" + "truie" trouvées en une recherche Google (contre 953.000 pour "Marine Le Pen" + "raciste ou pas ?" ce qui en dit long sur la compote mentale ambiante).

Mais, me direz-vous, ce ne sont là que des points de détail. 

Ce petit épisode nous rappelle surtout quelle est la nature de la plaignante courant de plateau en plateau pour crier à la censure, rhabillée par certains médias complaisants en pasionaria des prolétaires alors qu'elle a grandi dans un domaine à St-Cloud à côté duquel Neuilly est un bidonville.

Comme je ne la sous-estime pas, bien au contraire, j'imagine qu'elle tente par cette action de se placer une fois de plus en martyre.

Ne t'en fais pas Politeeks, et permets-moi de conclure :

"Je ne vois pas comment un tribunal pourrait me condamner pour avoir tenu ces propos, même si en France on peut quand même s'inquiéter de la dérive consistant à tenter d'empêcher les prises de position lorsqu'elle ne répondent pas au politiquement correct.
Marine Le Pen, France Info 08/07/2013 >>> La vidéo ici

Illustration : Delicatessen de JP Jeunet (1992)

jeudi 12 septembre 2013

#34plans "Le progrès n'est pas un astre mort"


Mini exposition universelle 2.0, opération de com', démonstration de l’excellence française dans l'innovation technologique, mise en avant des axes prioritaires pour la reconquête des 750.000 emplois perdus dans l'industrie en dix ans de droite  : La nouvelle France industrielle, c'est un peu tout ça.

Arnaud Montebourg présentait "34 plans" (de bataille) à L’Elysée ce matin : 34 plans réunissant des projets novateurs 100% français dans des filières diverses regroupant des grands groupes, des ETI et des PME (on trouve aussi bien EADS qu'une boîte à 4 salariés).

Parmi les projets exposés  
- La "voiture pour tous" consommant moins de 2 litres au 100 km, 
- L’avion hybride électrique (Airbus pour 2030 et première étape dès cette année avec le lancement d'un avion-école biplace construit en Charentes : L'´E-Fan). 
- Les textiles techniques, intelligents ou connectés (aussi bien pour pour la veille santé des personnages âgées que la protection des ouvriers) en se basant sur la diversification des PME historiques.
 - Les batteries très longues durée (qui serviront pour les avions et voiture évoquées plus haut), 
- La réappropriation de la transformation du bois (la moitié de ce qui récolté en France, est transformé à l’étranger) dans les matériaux de construction, l'isolation et les biens de consommation....

On trouve tous les thèmes chez Politeeks et le dossier complet chez Melclalex.

Les projets sont retenus autour de trois critères : 
- Besoins ou services clairement identifiés.
- Technologies que l'on maîtrise chez nous.
- L’intégration de ces technologies dans un environnement industriel (en gros : formations, cursus universitaires, bassins d’emplois et proximité des sous-traitants)

Le clip (avec du Pompidou dedans pour donner un peu de bonheur à Valeurs Actuelles)

Chaque plan sera animé par un chef de projet pour favoriser les synergies, faciliter les financement (par la Banque public d’investissement, commissariat général à l'investissement, les opérateurs de l’Etat) selon un calendrier de dix ans évalué tous les 6 mois. Objectif : 480.000 emplois d'ici 2020 et la création de 45.5 milliards d'euros de valeur ajoutée dont 40% à l'export.

Il ne s'agit pas pour l'Etat de diriger mais d'orienter ("un état stratège et régulateur" dixit François Hollande qui conclue l'exposition et rajoute "Notre stratégie doit être offensive, pas nostalgique"). 

(Toi aussi légende cette photo dans les commentaires)

Certains projets présentés par des ingénieurs ou des chefs d'entreprise sont réalisés ou en cours de réalisation, d'autres sont à l'état de prototypes. Sur les 34 plans beaucoup échoueront, mais cette initiative a le mérite de rappeler que, malgré les déclinologues, on entreprend et on innove encore chez nous. 

Il est d'ailleurs surprenant (ou pas) que certains pourtant prompts à sur-défendre les patrons et les #geonpi ont, à peine la présentation commencée, voire avant, moqué sur Twitter les exposés des industriels, des ingénieurs et des créateurs désireux de coopérer pour développer leurs innovations sur le sol français. 

Bon allez, assez positivé, maintenant allons lire des billets déprimants.

Ci-dessous : un blogueur français audacieux et innovant au niveau du look.

Articles connexes:

mercredi 11 septembre 2013

[J-29] Résidents de la République

Sachez que je violente par SMS mon sweat-shop délocalisé de rédacteurs pour qu'ils terminent mon livre en temps et en heure. Ils m'ont déjà fourni une première liste de mots-clés :

#socialisme #promesses #abandon #blonde #victoire.

L'abondance sort dans 29 jours.

Abondant play list - sample #4
Alain Bashung - Résidents de la République 2009

Débaptisez-moi ! (épisode 2 : l'Eglise contre-attaque)


Rendons hommage à René Loubouvier et à son combat contre cette satanée Eglise catholique collant aux baskets de ceux à qui l'on a imposé un baptême étant bébé.

René n'a rien contre l'église, mais c'est comme ça : il n'a pas demandé à être baptisé, et ne voit pas pourquoi il serait comptabilisé comme "catholique". Je suis un peu pareil, je n'aime pas qu'on parle en mon nom, ou que l'on m'associe à des groupes sectaires, homophobes, extrémistes ou les trois à la fois[1].

Résumons. Après avoir fait barré son baptême dans le registre du diocèse en 2001, le septuagénaire normand voulait disparaître définitivement de la liste des baptisés. On n'est jamais trop prudent. Le Tribunal de Coutances lui donne raison en 2011.

Alors j'entends (et reprends des commentaires laissés sur mon premier article sur le sujet), "c'est pas grave d'être sur une liste", "de toutes les façons un sacrement ne veut rien dire", "et puis personne ne peut la voir cette liste"... D'accord. Mais, bizarrement, cette chose "futile" (qui a  nécessité dix ans de procédure) est prise très à cœur par l'état-major des cathos puisque l’évêché a fait appel de cette décision (pas de miséricorde pour les hérétiques).

Que René Loubouvier soit damné. En appel, Le Tribunal de Caen donne finalement raison à l’évêché. Le nom du boulanger continuera à apparaître sur le registre du diocèse. René Loubouvier (comme des millions d'autres) pourra donc continuer à être utilisé dans le débat public en étant compté comme catholique (pratiquant ou pas tout le monde s'en fout, le principal ce sont les effectifs).

Merci donc à l'Eglise catholique de nous confirmer par son action en justice que cette bataille pour l'apparition ou pas des noms dans ses listes est capitale pour elle. On comprend sa panique à l'idée que René réussisse son coup. Avec une telle jurisprudence, elle courait le risque d'une fuite massive de recensés, euh pardon d’enrôlés de force. 

René Loubouvier a annoncé en mai dernier qu'il irait en cassation


[1] Je n'évoque pas ici mon passage chez les scouts de 9 à 11 ans qui m'a poursuivi durant vingt années dans la boite aux lettres avec, entre autres, les vœux personnalisés de Christine Boutin à chaque fin d'année. Fondamental traumatisme.

vendredi 6 septembre 2013

Retraites : La stratégie du renoncement


Un sondage du Pèlerin révèle que 74% des Français sont opposés à la réforme des retraites annoncée par Jean-Marc Ayrault. Bizarrement, c'est peu commenté.

Même les mesures sur les femmes et la pénibilité ne font pas passer la potion magique.

C'est vrai qu'en y regardant de près, c'est encore plus vicieux qu'une bonne grosse réforme de droite.

Les points pénibilité ne sont qu’un hochet. On ne pourra au mieux en cumuler que 2 ans (contre 15 ans de travail à risque), c'est-à-dire juste de quoi revenir à la situation de ...2013. Paye ton avancée sociale ! 

Les points pénibilité c’est aussi, et surtout, faire rentrer dans les consciences le concept de retraite à la carte (individualisée) dans un système mutualisé (pour tous). Bientôt, chacun pourra reprocher à l’autre d’avoir un métier moins dur que le sien et de toucher trop : là aussi un vrai progrès social, et un point d'argumentation prometteur pour de futures réformes. Nos dirigeants veulent que la pénibilité au travail soit reconnue ? Qu'ils augmentent les salaires. En règle générale et quel que soit le boulot, être payé 1000 euros pour 35 heures hebdomadaires, c’est plus que pénible : c’est être insulté chaque mois.

Sur le long terme, rien ne sera réglé avec cette réforme. On reste avec un déficit prévu de 17 milliards à l’horizon 2040, même si j’ai déjà précisé le ridicule de cette somme au moment où l’on vient d’en jeter 20 par la fenêtre en cadeau sans retour pour les entreprises (ponctionnés sur le pouvoir d’achat des Français, et notamment les plus pauvres vu qu'il s'agit d'une hausse de la TVA). Là aussi spéciale dédicace aux idées de gauche, trahies comme il faut.

Rassurez-vous. Dans son grand effort de soutien au pognon, le pouvoir épargnera les entreprises (et ce n'est qu'un début, parait qu'on n'est "pas assez compétitif"). Dans la pratique, les entreprises vont peu contribuer à l'effort de redressement des comptes. On leur baisse d’autres impôts (En plus de la baisse du "coût du travail", Moscovici leur a annoncé la baisse des cotisations familiales à l'UE du MEDEF) qui seront payés par (guess who ?) les travailleurs. 70% de l’effort portera sur les salariés d’ici 25 ans (3.2 Milliards pour les patrons contre 12.8 payés par les salariés). J'espère que d'ici là ils disposeront d'autant de relais dans la presse et à la télévision que patrons et actionnaires (180 Milliards versés aux actionnaires en 2011) pleurnichant depuis deux ans de plateaux TV en tribunes radio sur les "charges" les "asphyxiant".

On travaillera donc plus longtemps (Bien vu la gauche). Ou plutôt travailleront plus longtemps ceux qui auront un travail, la denrée se raréfiant. Scoop, le travail continuera à être de plus en plus rare, euh pardon, flexible. La France atteint un taux historique d’embauche en CDD (82.4%) au premier trimestre 2013. 

Chômage plus souvent + jobs précaires dans plein de secteur +  entrées de plus en plus tardives dans l’emploi et sorties de plus en plus précoces + multiples caisses de retraite (la réforme ne prévoyant étrangement aucune réduction dans le domaine) + hausse de la durée de cotisation = à terme des baisses de pensions pour tout le monde. Je ne sais pas si "on vivra plus longtemps". En revanche, second scoop : c’est bien parti pour que nous vivions pauvres plus longtemps.

Alors oui, certains (en mode Christine Lagarde) s'emballeront sur 0.3% de croissance (anticipé) par l’OCDE. On leur rappellera (mais ils le savent très bien) qu’il faut au minimum 3% de croissance pour commencer à créer des emplois sérieux (non je ne parle pas des jobs allemands à un euro, ou de cette myriade d’autoentrepreneurs bossant déjà autour de moi littéralement pour rien, et sans protection, pour le plus grand bonheur de patrons, pauvres martyrs décomplexés multipliant ainsi leur marge par 2 ou 3 tout en dumpant les salaires à la baisse).

Bien évidemment, il n’y aucun effort de lisibilité des retraites. Plus aucun salarié ne sait combien il touchera, ni s’il touchera quelque chose. Troisième scoop : c’est fait exprès. C’est l’ambition de fond de ces réformes ne résolvant rien se succédant de gauche à droite. Ou plutôt de droite avec caféine à droite sans sucre.

Il s’agit de décourager progressivement les gens, de la faire renoncer (et ça marche). 

Il faut leur sortir de la tête l’idée :

1 / de prendre une retraite tout court (tant qu'à faire si tu pouvais crever en travaillant, ça arrangerait notre dette : ce péché originel des peuples coupables selon le catéchisme dominant de ceux s'enrichissant sur leur dos). 

2 / de toucher quelque chose un jour en cotisant à travers le système par répartition aujourd’hui. (En omettant de l'équation notre démographie triomphante, l'augmentation du PIB, l'accaparement des richesses par les actionnaires ou l'ébauche de l'esquisse de l'hypothèse de payer un peu plus les salariés).

Ainsi peu à peu, par dépit et peur, les salariés sont incités à basculer dans la retraite par capitalisation, les assurances privées ou l’investissement immobilier, pour le plus grand bonheur des banques qui vont jouer tout ça en bourse pour 1 / produire de l'argent nocif 2 / générer de nouvelles crises financières (C'est marrant comme dans tous les coups pourris on les retrouve).

Ainsi, en une génération, tu démantèles en "douceur" un acquis social, sans toucher à certaines grosses retraites actuelles. Au lieu de défendre le système, de l'expliquer, on l'enterre progressivement, en le complexifiant, en l'éparpillant.

La solidarité intergénérationnelle, principe même de la retraite ? Penses-tu ? Explosée ! Au contraire, les instigateurs de cette réforme optent sciemment de jouer les vieux contre les jeunes. Ces derniers prendront (enfin continueront à prendre) tout dans la tronche.

Alors faites ce que vous voulez. Même si je sais qu’il faudrait taper plus concret, plus fort, plus festif aussi, je serai le 10 dans la rue comme à l’époque où nos ennemis étaient au pouvoir. 

Oui exactement comme à cette époque.

Illustration : No country for old men, Coen bros. 2007

Articles connexes :
Ce jour où la gauche a augmenté la TVA
Le choc de compétitivité dans ta gueule
A l'ombre des patrons en pleurs

jeudi 5 septembre 2013

[J-36] Une certaine fébrilité

Bon c'est promis, au prochain morceau, on change de décennie. Vous allez finir par croire que l'histoire de mon prochain livre (qui sort dans 36 jours, vous l'ai-je dit ?) se passe dans les années 80, alors que pas du tout.

Mais l'on m'informe que ce "fight for your right (to party)" des Beastie Boys tient un rôle important au chapitre 11. Comme c'est également le morceau qu'écoute Bernard Guetta chaque matin après avoir livré sa chronique pro-bombardement sur France Inter, je me suis dit : "Seb, l'occasion est trop belle".  

Rappel. Bernard Guetta dédicacera son recueil de chroniques Comment j'ai fait la troisième guerre mondiale depuis mon tabouret, le 12 au Toy's R Us de Villacoublay.

Abondant play-list - sample #3
Beastie Boys - (You Gotta) Fight For Your Right (To Party) (1986)



mercredi 4 septembre 2013

Réforme des rythmes scolaires : Crash-test sur enfants


"- Alors c'était bien ton activité périscolaire ma chérie ?"
" - Oui très. On a mangé des Carambars dans la cour pendant 2 heures"

C'est la rentrée et je vais donc, en tant que parent d'élève en maternelle, je vais m'autoriser quelque avis sur la réforme des rythmes scolaires imposée par le Ministre de l'Education Vincent Peillon et dont j'ai déjà pu, en ce jour de rentrée, apprécier en avant-première nationale le potentiel catastrophique. A Paris, comme on est mieux que les autres, tout a été décidé dans l'urgence (par opportunisme électoral ? Auquel cas c'est con[1]) et dans une belle confusion.

Bon. Je passe sur les activités que l'on m'a fait choisir en juin avec un beau formulaire bourré de fautes d'orthographe, tout cela pour m'entendre dire le 3 septembre au matin que, bah non, en fait je n'ai pas mon mot à dire sur les activités. Je passe sur le second planning à remplir le matin dans la précipitation et requérant un Bac+12 pour sa compréhension. Je passe sur le flagrant sous-effectif dans l'encadrement déjà constaté depuis un an pour les activités hors temps d'école (heure de goûter), plutôt limite en termes de sécurité. Selon le Ministère, 400 nouveaux emplois ont pour buts de développer la scolarisation des enfants de moins de 3 ans à l’école maternelle. Pour La France je trouve ça léger mais bon.

Alors oui, j’entends les "Bah dans mon école, ça c’est bien passé" et autre "faut le temps de se roder", ou encore les "on fera le point dans un an".

Bullshit.

Je vais clore tout de suite le débat. On parle d’enfants ici, pas de mannequins-test dont on va évaluer la disposition dans l'habitacle pour voir comment ils encaissent un choc frontal d'une école à l'autre.

Quant on propose une réforme engageant une telle machinerie avec de telles conséquences, et vu le budget du Ministère en question, cela doit être parfait partout le jour J. Sinon on ne fait rien, et surtout pas des belles phrases sur le bien-être des enfants qui sont visiblement ici la dernière roue du carrosse.

J'avais 3 craintes à l'annonce de cette réforme :

1 / Que le machin tourne à la garderie (avec hausse des accidents)

2 / Que le privé s'insinue dans le marché et qu'il y ait des activités à 2 vitesses, les "nobles" pour les riches et les pourries pour les fauchés. (Sois directement en interne dans l'école, soit via des offres périphériques auxquelles les parents seront bien obligés de recourir si c'est le bazar en interne)

3 / Que l'on allège les rythmes à l'année sans toucher aux 2 mois de vacances d'été (Une vraie galère pour l'ensemble de ceux qui n'ont pas les moyens de s'offrir 2 mois de vacances, dont on me souffle qu'ils sont beaucoup parmi les fauchés susmentionnés).

J'ai le sentiment que nous nous dirigeons à grandes enjambées vers les 3.

Et ce n'est pas faute d'avoir prévenu. Les réunions parents-profs en colère vs. La municipalité fière d'elle ont été particulièrement houleuses. Et visiblement, rien n'a été écouté.

Peillon veut une école plus humaine ? 

Qu'il augmente les effectifs d'encadrement aussi bien pour le périscolaire que dans les classes (avec la présence d'un second adulte pour l'encadrement et le soutien. Toujours selon Le Ministère de l'Education, plus de 1000 emplois seront consacrés au dispositif "plus de maîtres que de classes", qui a pour but de renforcer l’encadrement des élèves dans les zones les plus fragiles. Question : quelles zones ne sont pas fragiles ?).

Qu'il pense également à un réel plan avec un vrai programme pédagogique et des gens diplômés (tant qu'à faire) pour les heures "libres" ainsi récupérées (musique, sport...) au lieu de proposer cette usine à gaz à la carte qui sent le fiasco scolaire à plein-nez et va se résumer dans la moitié des cas (les plus pauvres) à mater Gulli à 60 dans le préau sous la supervision d'un stagiaire.


[1] Ne cherchez plus le principal ennemi d’Anne Hidalgo pour la campagne municipale en 2014. Il ne s’appelle pas NKM mais "réforme des rythmes scolaires".

Illustration: P.Torreton dans Ça commence aujourd'hui de B.Tavernier (1999)

mardi 3 septembre 2013

[J-38] Amour et trahison


Le pouvoir de gauche, saison 2. 

Résumé des derniers épisodes.

En quelques jours, nous avons assisté :

1 / Au baiser avec la langue du Ministre de l'Economie au patron des patrons à l’université d'été du MEDEF, 

2 / Aux rodomontades marketing d'un Ministre de l'Intérieur en mode Sarkozy Turbo-Pinpon (Note au PS : Même acclamé par la presse, Manuel Valls ne vous fera jamais gagner une seule voix aux Municipales avec un discours DE DROITE), 

3 / A la fière présentation par notre Premier Ministre d’une régression sociale, plus habile dans l'énoncé mais tout aussi violente que celle concoctée par Eric Woerth trois ans plus tôt : Une réforme des retraites et un rallongement de la durée de cotisation qui affecteront prioritairement les jeunes (Note aux électeurs. Les jeunes étaient "la priorité" de notre président en campagne). Réforme où chacun sera mis à contribution ...sauf les entreprises même si elles prétendent le contraire (d'où le bisou baveux susmentionné).

4 /  Et maintenant, cette lubie présidentielle de "punition" de la Syrie[1]. Tout de suite parce que là quand même c'est soudainement urgent, mais enfin bon on peut attendre un peu, hein ?

Soyons honnête, ce gouvernement est pour le moment plus qu’une déception. Il est déjà en partie une trahison. 

Heureusement, dans 38 jours sort un beau livre plein d'amour[2]. 

Abondant play-list - sample #2
Roxy Music. Love is the Drug (1982)



[1] dixit M.Sapin dans Tous Politiques sur F.Inter le 01/09/2013.
[2] et de trahison aussi.

dimanche 1 septembre 2013

J-40

40 jours.

Ce blog est né d'un livre. Par le rythme imposé, le blog m'a éloigné à son tour de la rédaction littéraire. Etant assez exclusif dans mes addictions, j'ai dû mettre ces colonnes en pause quelques mois pour écrire un nouveau roman.

Encore 40 jours et le troisième opus (après Avatar et Perverse Road) sera disponible en version papier et e-book. 

En attendant cet événement culturel tout simplement immanquable, vous découvrirez ici au fil des jours des indices sur l'histoire, des illustrations et une play-list où la sophistication le dispute au bon goût et dont le mot-clé est éclectisme.

Abondant play-list - sample #1
Etienne Daho. Paris Le Flore (1986)

Articles connexes :
- La vie mode d'emploi 
- Oui, barrez-vous ! (et fermez la porte en sortant)
- Les délices de la sédition (365 mots)