QUAND LA FRANCE QUI GAGNE PERD 5 MILLIARDS

L'unique avantage de cette colossale fraude à la société générale, c'est le montant en jeu. Du SDF au président en passant par le gagnant de la super cagnotte du Loto et les hordes de français moyens de gauche comme de droite angoissés par leur pouvoir d'achat : tous sont abasourdis, ridiculisés, les soucis quotidiens rendus poussière par cinq milliards d'euros perdus. Comme dirait Gaspar Noé "le temps détruit tout" et la prochaine saison de la nouvelle star s'annonçant, le commun des mortels citoyens oubliera vite et s'en retournera humblement à la gestion quotidienne du règlement de ses crédits. Félicitons tout de même la Société Générale pour avoir illustrer à la une, de façon concrète, l'aberration de l'ultra-libéralisme. A chacun de tirer ses conclusions.

Bien fort sera celui qui pourra tirer une morale positive du système qui a favorisé cette dérive. Basé sur la quête d'une croissance infinie, le capitalisme a et continuera d'employer tous les moyens légaux ou non pour enfler. Il se permettra toutes les audaces et tous les mépris aussi. Sa logique de rendement aveugle, sa force de frappe continentale, sa complète absence d'humanité, sa finalité jusqu'au-boutiste et les moyens disponibles, malgré les discours anti-communistes haineux de ses représentants les plus zélés, aboutiront un jour ou l'autre que toutes les richesses du monde tiendront dans la main d'une seule personne au sommet de la pyramide. De fait, à peu près à la même époque, un terme sera mit à la civilisation telle que nous la connaissons. Même nous n'en sommes pas là, on peut encore espérer quelques saisons de la Star Academy, un ou deux krach boursiers et quelques milliards de pauvres.

Je suis mauvais ? Pessimiste ? Déprimologue ? Avec les mêmes méthodes et sur la base des mêmes complicités, cela c'est joué à peu de jours près pour que la Société Générale gagne beaucoup d'argent dans cette mascarade. Jérôme Kerviel aurait empoché sa prime équivalente à vingt cinq ans de Smic, les français n'en auraient rien su, notre monarque aurait été ravi par le dynamisme et l'ingéniosité de cette "France qui gagne", les actionnaires de la SG auraient été ravis, exigeant de faire encore mieux l'année suivante.

CRUELLE CHRONIQUE (a tribute to Didier Super)

Après Capital*, sur la perte du pouvoir d’achat et Jeunes, seules sans travail et déjà mères, documentaire larmoyant de France 3 qui m’a beaucoup fait rire, des constatations objectives s’imposent : Les pauvres ça fait du bruit. Le pauvre faut que ça pine, et dès que ça pine faut que ça ponde. Le pauvre il a toujours dans les pattes un gamin qui fait du bruit puis deux puis cinq et très vite, comme ça suffit pas, il lui faut un chien qui fait waf-waf autour. Le pauvre y veut du tapis de sol multicolore avec des jouets partout par terre pour son gamin obèse que « c’est quand même lui qu’est le plus beau », des minis camions de pompiers qui font pin-pon avec des bennes d’ouvriers qui font pouet-pouet. Le pauvre, il a un seul poste de télévision mais qui hurle et du carrelage au sol avec des petits carreaux sales pour mieux que ça résonne.
Le pauvre est incapable de s’asseoir dans un coin en silence pour lire du Jean-Paul Sartre. Non, ça y sait pas faire le pauvre. Au lieu de ça le pauvre y parle mal et y se nourrit à base de beurre : pas étonnant qu’il prenne de plein fouet la hausse des prix sur les produits laitiers. Le pauvre y fera toujours les mêmes erreurs, et comme il se reproduit plus vite que son ombre, toujours avec un autre pauvre, c’est pas prêt d’être fini !

* compilation de reportages hypocrites et populistes de la rédaction de M6 qui alterne à chaque émission, sujets clinquants sur le train obscène de vie des milliardaires et sujets ternes sur la vie chère et pénible des pauvres cons de pauvres.

DU SALARIE AU POIDS

Quel modèle anglais ? Celui qui profite à sa clique d’élites. Le modèle des working-poors qui se sont substitués aux chômeurs. Grâce à la force de frappe des médias, l’idéologie « de l’Angleterre qui se lève tôt » est partagée par ceux qui en sont les seules victimes. La résignation du salarié précaire anglais est à se tirer les cheveux.

Mais y a t-il encore un espoir de prise de conscience des intéressés en France ? Pourtant majoritaire, le salarié précaire est un esclave qui se fait peu entendre. Il se réconforte dans l’achat compulsif d’objets qui le persuadent un bref moment qu’il appartient à la classe sociale supérieure. Les plus chanceux d’entre eux visent la propriété immobilière à l’image des « riches » à la différence que, eux, règleront leurs pavillons en trente années de soumission supplémentaires. Oui, Seb Musset, à la veille d’un Krach boursier, a relu son petit Baudrillard et ça se sent.



« Le crédit est en fait un dressage socio-économique systématique à l’épargne forcée et au calcul économique de générations de consommateurs qui autrement eussent échappé, au fil de leur subsistance, à la planification de la demande, et eussent été inexploitables comme force consommative… Le crédit est un processus disciplinaire d’extorsion de l’épargne et de régulation de la demande – tout comme le travail salarié fut un processus rationnel d’extorsion de la force de travail et de multiplication de la productivité. » Jean Baudrillard, la société de consommation.

SM TV 1 : DES GENTILS STAGIAIRES

Pour ce 1er rendez-vous, je reviens sur cette intégration massive du stage dans le marché du travail comme forme sophistiquée d'exploitation. Personne ne s'en plaint et surtout pas les médias, grands consommateurs de stagiaires... Veuillez excuser les petits défauts techniques, le stagiaire a été viré. Nous ferons mieux la prochaine fois.



DE LA PLEUTRERIE DU ROBOCHE* FRANCAIS

Au gré d’un zapping sur une TNT qui n’a de dynamique que le nom, je tombe sur Jean-Marie Le Pen invité vedette de l’émission onano-culturelle de Franz-Olivier Giesbert sur France 5, "Chez FOG".

J’assiste au sempiternel tirage à boulets de canons sur cible facile. Tout y est : mépris dans les remarques de Giesbert, moqueries incessantes, insistance sur l’âge et la diminution physique, petite séquence vidéo de cassage généralisé par les députés « installés » de gauche et de droite et la madeleine incontournable du « détail » vieux de vingt ans. Je suis accablé par le procédé et la persistance de celui-ci au fil des années, émanant toujours des mêmes agrippés à leurs postes depuis des décennies à la seule qualité de leurs courbettes auprès des puissants.

Ce qui est choquant ce n’est pas qu’un roboche parle de la sorte à un homme politique, on peut y voir le signe visible d’une opinion. Ce qui est choquant, c’est que depuis vingt ans et ce malgré l’importance du Front national dans le paysage français, Jean-Marie Le Pen soit LE SEUL homme politique à qui les roboches parlent de la sorte. J’aurais apprécié qu’un de ces courtisans parmi les six cent présents langues pendantes à la conférence de presse de notre souverain la semaine dernière, ait employé le même ton en faisant preuve de la même subjectivité et de la même persistance dans les questions.

La grosse méprise des roboches français et des français en général étant leur conviction que notre souverain est un type honnête, travailleur et capable, que Le Pen ne serait qu’un raciste, magouilleur, un opportuniste tirant indéfiniment la couverture vers lui alors que l’inverse est plus proche de la vérité. Enfin, il me reste la certitude d’avoir raison et l'espoir convaincu que mes convictions se vérifieront. Au bout de vingt ans, ils ont compris que Mitterrand glissait à droite, au bout de quinze que Chirac penchait à gauche. On peut légitimement espérer qu'en moins de dix ans, ils comprennent que notre souverain ne va nulle part puisqu'il est son propre centre d'intérêt.


* Roboche = journaliste français. Définition plus détaillée à découvrir dans "Avatar".

GARE A L'EPIDEMIE DE SARKOZE

Voilà, j'étais content. J'avais rédigé ma diatribe quotidienne anti-sarkoziste et porté le point final à mon compte-rendu des comptes-rendus de presse du compte-rendu de Nicolas Sarkozy : un truc énorme avec plein d'adjectifs pédants, peignant au travers d'une habile mise en abyme la connivence à tous les étages de ce type d'évènements mondains. Pour faire court, le seul truc visuel à retenir de cette conférence de presse : Que le souverain et les journalistes étaient tous bien bronzés pour un mois de janvier pluvieux !

Bien ficelé mais poussif et n'apportant rien au débat, j'arrivais à me satisfaire d'un portrait au vinaigre supplémentaire du Roi et de sa cour. A quoi bon ? Suite à une mauvaise manipulation, l'article était effacé avant même sa publication. Il y a encore six mois je l'aurai réécrit dans la foulée. Ce soir, je prends l'"error system" comme un signe. Arrêtons d'en parler, il n'a plus besoin de nous pour se prendre les pieds dans un tapis à l'évidence trop épais pour lui. Le principe de réalité finira bien par coincer le jouisseur incompétent en flagrant délit d'indéfendable médiocrité. Ce soir-là, à renfort d'éditos précis et sourcés, portons-lui le coup de grâce. D'ici là, le peuple va bien finir par se fatiguer d'être jovialement croyant en cette imposture sans retour. A moins que "TF1" ait déjà anéanti tout libre-arbitre ?

Remercions tout de même notre souverain de fédérer, jour après jour, la masse disparate des "anti-lui". Combien de bloggeurs lui doivent une nouvelle jeunesse ! Tous, moi y compris, surfant en mode anti-sarkoziste sur l'océan libéralo-pipole du Roi, mi-troll mi-glamour, au gré du feu d'artifices permanent de ses contradictions, il est vrai anormalement tue par « la presse de palais ».

Au quotidien, du jeune boulanger à ma mère retraitée en passant par quelques trentenaires endettés sur quarante ans, j'assiste avec une certaine joie à la déception teintée de craintes de ces ex-convaincus du « tout est possible ». Et de leur annoncer avec une pointe de sadisme que ce n'est que le début, qu'ils ne comptent pas sur moi ni pour les plaindre, ni pour les épauler dans cette descente aux enfers de la globalisation. J'avais prévenu.

Malgré sa quotidienneté, la naïveté des crédules reste chez moi un élément de fascination. Comme dirait feu Jacques Martin, Les enfants sont formidables.