vendredi 30 novembre 2007

SUPER POUVOIRDACHA MAN

Allocution Tf1-confort depuis l’Elysée de ces idées à sens unique pour le présiment courtes pattes au bras long. Phrases creuses et manichéennes, évidences et pléonasmes assénés comme des cours de raisonnement de mathématique quantique. Ce type est une arnaque du sol au plafond* à la fois cause principale et conséquence logique de la médiocrité française. Quand est-ce enfin qu’un journaliste courageux - espèce en voie d'extinction - mettra le point sur la ressemblance évidente entre ces deux comiques populaires français dont l'intégralité du registre balance de la fausse compassion à la nervosité stérile :

LOUIS DE FUNES jouant Daubray-Lacaze un petit policien provincial véreux dans La zizanie de Claude Zidi (1977)
Mon premier point, le plein emploi.
Mon deuxième point, le plein emploi.
Mon troisième point, le plein emploi.

NICOLAS SARKOZY ce soir, depuis son bureau de l’Elysée devant ses laquais journaleux.
Parce que, au fond, quel est mon but monsieur d’Arvor ? Le plein emploi.







* Le figaro publie pour la première fois un sondage de popularité où notre homme flint tombe en dessous des 50% de popularité.

vendredi 23 novembre 2007

TOUT VA BIEN MES CONS DE CITOYENS

NS TV version front populaire
Il faut savoir terminer une grève

C’est l’hollywoodien Sarkozy remakant un vieux Maurice Thorez. Un message vraisemblablement destiné aux médias qui le prennent au pied de la lettre. Il n’y a donc, selon eux, plus de mécontentement en France. Apothéose de l’intoxication médiatique : le déni de vérité.

mercredi 21 novembre 2007

WORKING-CLASS HERO où comment, en pleine baisse du pouvoir d'achat, j'ai encore envoyé chier mon patron.

Boulevard de Sébastopol, A gauche, voitures qui jouent à pousse-pousse dans une confiture de bordel mêlant au septième jour de grève vélos, vélibs, scooters, piétons éparses et camions de livraison. Grève qui, au-delà du symbole et du fond, est l’extériorisation maladroite d’un mécontentement social complexe mais massif, est encore à ce jour relatée à sens unique par les médias : sens du capital donc du manque à gagner.

A droite, meutes de cyclistes disciplinés, moulinant plus ou moins aisément selon l’expérience, sur engins de qualités variables. Parmi eux, encore pour peu, j’y pédale sereinement, méprisant de ma selle le conflit qui, selon les souhaits de la cellule communication du présiment, oppose salariés esclaves du secteur public et salariés esclaves du secteur privé. De constitution mentale défiante envers toute soumission, j’ai refusé à la première heure de signer quelque contrat de travail que ce soit entravant ma liberté de me tirer à ma guise à la moindre montée de pression et je travaille donc par piges, au jour le jour. Moins bon pour la retraite mais mieux pour les nerfs donc pour la durée de vie. Dommage, j’y étais presque. J’en étais à deux mois de présence au sein de la société et j’avais encaissé des épisodes plus éprouvants nerveusement que cette anicroche de fin de journée au sujet du remontage d’un trois-minutes bouche-trou sur la culture de l’olivier à Aubervilliers. Ca y est, c est fini. Majestueux, je me lève et contemple mon calme qui a tout du détachement qui a lui-même tout de la coupe pleine, lorsque je prononce ces mots simples provocants la stupeur de mes jeunes compagnons de galère* dopés à la naïveté, aux croyances et à la bonne volonté, j'ai nommé les stagiaires :

SM
Bon bah si c’est comme ça j’me casse.

Pistes de montage ouvertes, l’air frais du Boulevard embouteillé m’appelle, pas le temps de finir mon thé à la menthe, pas l’envie d’ailleurs. Un signe de main gantée à une Laurence silencieuse au sourire gêné. Elle sera le seul regret de cette expérience. James accuse le coup, arc-bouté sur son propre montage. Menaces de la directrice de production dans une tentative instinctive d’avoir le dernier mot, je lui laisse. Je n’ai absolument pas envie de me battre, plus maintenant, pas pour ça, pas à ce prix là. Bien envie de lui hurler dessus que je l’emmerde mais, tout dans ma désinvolture à son égard depuis quelques jours l’indiquait. Et puis, ce départ sans heurts ni joute verbale, exempt de la moindre justification, a tout du coup poing dans la gueule mettant chaos n’importe quel interlocuteur. Je tourne accidentellement le dos à Guenièvre que j’oublie de saluer lorsque je quitte les lieux pas triomphant, juste heureux. James presque révérencieux me tient la porte de sortie pour la première fois, partagé entre le soulagement d’être débarrassé en moins de trois minutes d’un concurrent dans la petite entreprise au sein de laquelle il compte bien gravir un à un tous les échelons et l’admiration de cet épilogue jusqu’au-boutiste de mon comportement de working-Dandy des deux derniers mois. Des scènes comme celles-ci, au regard des incohérences nerveuses de La veuve Ténardier en charge des programmes, il en a déjà quelques-unes au compteur. Dans l’audiovisuel comme ailleurs, seuls les plus aptes à fermer leur gueules survivent socialement.

Je redescends en vélo sous un ciel de merde au grésil la rue du Faubourg st martin, les salariés du privé en veulent toujours aux privilégiés du service public ainsi qu’à leurs régimes spéciaux. Le peuple jaloux d’un conducteur de train ! Le monde social infantilisé est cul par-dessus tête, les pauvres crachent sur d’autres pauvres au prétexte que les seconds sont plus avantagés sur les premiers. Rappelez-vous bande de cons que l’existence de Dieu n’a jamais été prouvée et que, jusqu’à preuve du contraire, à la fin, les derniers seront encore les derniers.

Quelque soit l’issu du conflit, ce mouvement national aura moins deux mérites : faire fermer sa gueule au présiment pendant une semaine et souligner au Stabilo Boss la totale incompétence de la petite frappe au gros cul doré de Neuilly à résoudre quelque problème que ce soit des français** qu’il est censé représenter. Ceux, minoritaires dans son entourage proche, gagnant moins de cent mille euros par mois.

Après quelques media-training avec journalistes en heures supplémentaires pour des cabinets conseils, notre présiment sort ce soir de son mutisme inédit et s’apprête enfin à baisser son caleçon

NS TV (version école des fans)
J’irai jusqu’au bout de mes engagements mais, avec ma baguette magique, je vais arroser tout le monde avant noël avec du fric que je n’ai pas.

Poursuite du conflit ou pas, nous avons, au sujet du faux problème des régimes spéciaux, assisté à une belle intoxication médiatique à la française. Un régime spécial me dérangeant, entre autres élites moralisantes, est celui de l’augmentation de 200% du salaire du présiment de la république au prétexte que les grands patrons gagnent beaucoup plus**. Jusqu’à quand, cons de français, allez-vous vous faire rouler dans la farine ultra-libérale ?


* terme, comme "pris en otage", à utiliser avec des pincettes ces jours-ci tant certains salariés, à proximité d’un encartage UMP, s’en sont accaparé l’exclusivité, se considérant avec conviction comme de réelles victimes de guerre. On n’est jamais QUE prisonnier de soi-même.

** à peu de mots près ce qu’a déclaré le porte-parole de L’Elysée, stagiaire souffre-douleur du présiment à qui il a promit la mairie de Neuilly et couille molle notoire, David Martinon.

samedi 17 novembre 2007

PENDANT CE TEMPS, LES CHINOIS MEURENT D'ENVIE DE CONSOMMER

Le conseil constitutionnel valide les tests ADN dans le cadre de la régularisation des sans-papiers mais interdit la moindre statistique ethnique les concernant. En France, on peut désormais déporter la conscience tranquille du moment qu’on ne compte pas. Seule l’hypocrisie flamboie encore dans l’ex-pays des lumières.

Malgré le silence étonnant du présiment, l’omniprésence de ses ministres rassurants sur les plateaux des médias en charge de la bonne diffusion de la pensée d’état - c’est à dire tous sauf les chaînes de jardinage - et la négociation supposée des représentants syndicaux, la base populaire – c’est à dire entre autres les étudiants, les cheminots, les juges, les hôtesses de l’air - poursuit le mouvement de grève. Début de confusion embarrassée dans les médias et à la tête du pays qui se sont laissés intoxiquer par leur propre propagande. Preuve supplémentaire que ce pays est bien divisé en deux : celui que l’on voit sur l’écran - l'élite - et celui que l’on voit dans la rue - le reste -*. Revolution will not be televised.

Pour nous rassurer sur l’éventualité d’un nouveau monde débarrassé de la barbarie capitaliste, petite brève locale en provenance de l’empire émergent : Une promotion exceptionnelle dans un hypermarché Carrefour en Chine est le théâtre d’une bousculade géante à l’ouverture. Bilan : trois morts piétinés.

* rappelons-nous les six mois qui, dans les médias, précédèrent la supposée validation populaire par référendum de la constitution européenne en 2005....

lundi 12 novembre 2007

LA VRAIE FRANCE

Lundi dernier, Le Guilvinec, petit port breton au bord de l’explosion, le présiment Sarkozy fait une descente, entouré de ses bodygards, au sein d’une assemblée de marins pêcheurs pas contents. Un cortège de marins pécheurs au premier étage d’un immeuble surplombe l’attroupement Invectives, noms de poissons pas frais, le montage des journaux télévisés insistent sur le courage du présiment dont le seul acte de résolution des conflits est de se présenter en personne sur le théâtre de la contestation.

NICOLAS SARKOZY
Dites-moi, combien de présidents avant moi venaient vous voir ?* Aucun.

Et le pèlerin continu son chemin. Hier il était au Tchad, ce soir à Washington avec son poteau Bush. Les journalistes sont cantonnés à l’illustration audiovisuelle du tourbillon Sarkozy, c’est plus clair ainsi. Plus aucune analyse, pas de recul, toujours dans le feu de l’illusion, des belles paroles et des promesses.

Lundi dernier, Le Guilvinec, petit port breton au bord de l’explosion, le présiment Sarkozy fait une descente, entouré de ses bodygards entourés de leurs journalistes, au sein d’une assemblée de marins pêcheurs déchaînés. Un cortège de marin-pécheurs au premier étage d’un immeuble surplombe l’attroupement, un journaliste local filme. Cette fois, on entend plus Sarkozy mais tout ce que se hurle autour de lui.

LA FOULE
Ordure ! Escroc ! 140 % !**

Le présiment fend la foule selon les grandes lignes dessinées à coups de latte par ses bodygards.

JUJU DANS LA FOULE
Enculé !***

C’en est trop, et puis la caméra de TF1 l’a peut-être entendu, le présiment s’arrête.

NICOLAS SARKOZY
C’est qui qu’a dit ça !

JUJU
C’est moi.

NICOLAS SARKOZY risible empereur récemment plaqué par sa femme, dressé sur la pointe de ses talonnettes.
Descend un peu me le dire en face !

JUJU
Si je descends j’te fous un coup de boule alors vaut mieux pas…

LA FOULE
Ouais vas-y JUJU !

JUJU
Hein 140% d’augmentation… Tu gagnes combien par mois escroc !

Acclamations****. Le présiment à court d’argument continu son souverain pèlerinage dans la merde sociale des gens qu’il méprise profondément. Montés en intercalaire et dans la continuité des images diffusées en boucle à la télévision, on saisit l’ampleur du malaise qui s’amplifie depuis la rentrée en France et qui est sciemment ignoré par le gouvernement et ses médias. Un visage de La France ignorée se révèle dans sa crudité sur la toile. La contestation monte, le péquenaud est déçu, les prix augmentent, on lui avait dit qu’il gagnerait plus, on lui dit désormais de faire du vélo et de manger des biscottes. Seule la qualité de vie des riches s’est objectivement améliorée en six mois de présimence. La colère gronde, et avec elle sa compagne, la connerie.

VERSION OFFICIELLE (avec CAC 40 inclus) :


VERSION REELLE (on passe de "SARKOZY s'énerve" à "SARKOZY insulté", il devient ce qu'il est en fait : passif):


* seul et unique argument de notre présiment lors de ses safaris provinciaux, dont on se demande combien de temps il va encore tenir. Je veux dire, même TF1 va s’en lasser à un moment ou un autre.

** rapport à l’augmentation de salaire que notre présiment s’est récemment votée. Gentils marins pécheurs, ils ne savaient pas alors que cette hausse de salaire était en fait de 172%.

*** Animé par la rage et la passion, Juju synthétise en un mot, les conclusions d’un an de ma stérile réflexion au sujet de notre présiment.

**** Bizarrement, non captés les ingénieurs du son des télévisions françaises.

vendredi 9 novembre 2007

LES ENNEMIS DE MES ENNEMIS

L’avantage d’être au pied du mur face à un ennemi dont la moindre facette vous répulse idéologiquement, c’est de se découvrir de nouveaux amis jusqu’alors méprisés. L’acteur Philippe Torreton que je ne portais pas spécialement dans mon cœur pour ses prises de position politiques au nom du peuple, surtout en périodes de promotion, prononce cette phrase si juste au sujet de notre présiment de la république et la base du rapport qu’il entretient actuellement avec le pays :

« Nicolas Sarkozy dédouane les gens de mal penser. »

Mis à part les médias français intégralement à la botte idéologique du nabot, mis à part la majeure partie des français lobotomisés par la septième saison de la Star Academy et une tapette à connards géante dénommée Coupe du monde de Rugby, comment ne pas voir ce qui se passe, insidieusement, dans ce pays depuis la rentrée ? Rafles de sans papiers, instaurations de tests ADN au titre hypocrite de l’aide au regroupement familial, incitations à la dénonciation. Et Les Français seraient pour ?

Face à cela une France toujours en crise, prenant de fouet une hausse record du dollar, une autre sans précédent des prix du pétrole et une multiplication par trois du prix des matières premières alimentaires. On le sait, la croissance sur-vendue par le candidat présiment ne sera pas là avant, au mieux, deux ans. On le sait, le fameux pouvoir d’achat si crucial pour nos concitoyens petits-bourgeois est plus que jamais en berne. On le sait, la vague du krach boursier chinois gronde au large. On le sait, les prix de l’immobilier dans les quartiers moyens va baisser parallèlement à la hausse des fameux taux d’intérêts variables si tentants pour les aspirants spéculateurs d’hier quand le marché était en hausse.

Crise renforcée au moment où le peuple se croyait sorti du tunnel, racisme même plus larvé, boucs émissaires tout trouvés, tyrannie des victimes, haro sur les coupables et au plus haut sommet de l’état une rhétorique populiste au service de recettes miracles, voici venu le temps de la barbarie débonnaire façon Berlin 1936.

Il est toujours flatteur de jouer les oiseaux de mauvais augure mais comment, une seule minute, peut-on concevoir qu’il va sortir de cette époque écœurante quelque chose de bon pour la race humaine ?

vendredi 2 novembre 2007

LES CHINOIS A PARIS, LA ROUE TOURNE

Ca y est on y est, ce cauchemar bourgeois que j’annonçais et que personne ne prenait au sérieux dans mon entourage désormais en quarantaine de sarkozistes se vérifie enfin de la bouche même de la ministre du travail d’un gouvernement qu’ils ont élu, et ce à quelques encablures des cent dollars le baril de brut :

CHRISTINE LAGARDE
J’en appelle aux citoyens** : Utilisez vos vélos !

Grosse erreur de communication au sommet de l’état. On pourra faire tous les Grenelle de l’environnement que l’on voudra mais faut pas toucher à la voiture à papa ! Même en le culpabilisant sur le réchauffement climatique, cela restera dur de faire comprendre une bonne fois pour toutes à l’occidental embourgeoisé qu’il va devoir rouler en vélo parce que le Chinois en quête d’embourgeoisement veut rouler en voiture. Après tout, chacun son tour.

** à savoir "les pauvres" par opposition à la classe à laquelle la ministre appartient et dont elle sert en exclusivité les intérêts.